Le plafonnage: avant ou après la chape ?

1. Ce que la tradition veut : le plafonnage avant la chape

Généralement, le phasage traditionnel des travaux se fait comme suit :

  1. Plafonnage
  2. Isolation du sol
  3. Chape

Si durant des années, nous avons procédé au phasage des travaux en commençant par le plafonnage pour ensuite réaliser la chape, ces dernières années, les propositions de phasage alternatif des travaux sont de plus en plus suggérées et la question suivante nous est régulièrement posée : « Faut-il envisager la réalisation de la chape avant le plafonnage ? ».

2. Le phasage alternatif des travaux: avantages et inconvénients

Si on aborde cette proposition d’un point de vue purement technique, nous pouvons affirmer qu’il est préférable de réaliser d’abord la chape puis, après séchage de celle-ci, de démarrer le poste du plafonnage.

La raison est simple : le taux d’humidité dans l’air. En effet, le ciment résiste mieux à l'humidité que le plâtre. 

La question d'un phasage alternatif comme ci-dessous est-il plus intéressant?

  1. Isolation du sol
  2. Chape
  3. Plafonnage

La pose de la chape a pour effet d’augmenter sensiblement le taux d’humidité de l’air dans les pièces, tant pendant son application que durant son séchage. Nous rappelons que le plâtre n’aime pas l’humidité, et que s’il est exposé de façon prolongée à un taux d’humidité important, cela peut conduire à l’apparition de moisissures ou encore à une altération du plâtre en surface. On a donc des conditions de séchage moins favorables pour le plâtre lorsqu’on réalise la chape par après.

Si l’aspect technique est certes important, le côté pratique du travail est également à prendre en compte.

 

3. Mais en pratique, la chape avant le plafonnage, ça donne quoi ? 

Il est vrai que les processus et les techniques de construction ne cessent d’évoluer, avec pour conséquence parfois, de nombreuses techniques à mettre en place, comme le chauffage sol, le système de ventilation, la domotique, l’étanchéité à l’air, … Nous sommes donc bien loin de l’époque où on ne retrouvait dans la chape que le réseau électrique et les canalisations d’eau. Ce qui par conséquent, demande au plafonneur une plus grande attention et une prudence accrue pour ne pas les endommager lors de la réalisation de son travail.

Nous vous proposons ci-dessous un tableau, réalisé par le CSTC (centre scientifique et technique de la construction), reprenant les types de risques en fonction du phasage envisagé (échelle de risque de 0 = moins risqué à 3 = plus risqué).

 

Chape avant ou après plafonnage
(Extrait du Contact 2019/2 – article « Travaux de plafonnage, de jointoyage et de façade » édité par le CSTC)

 

Sur base de ce tableau, on remarque que le phasage alternatif présente les avantages suivants :

  • Moins de risque d’endommager les techniques présentes sur la dalle (ex : chauffage sol ou conduit de ventilation, …) ;
  • Moins de risque d’endommager le plafonnage par la suite vu que le nombre d’interventions après les travaux de plafonnage est moindre ;
  • Moins de risque de salir le plâtre au moment de la projection de l’isolant de sol (ex. : en cas de projection d’une isolation PU)
  • Permet des conditions de séchage du plâtre plus favorables et donc moins de risque de désordres ou d’apparition de moisissures.

Cependant, malgré ces avantages, il faut également savoir que la réalisation du plafonnage avant la chape va entrainer certaines contraintes supplémentaires pour le plafonneur :

  • Il devra protéger correctement la chape pour éviter de l’endommager ou d’en souiller la surface, ce qui pourrait compromettre l’adhérence du revêtement de sol par la suite ;
  • Il faudra également observer un délai de séchage suffisant de la chape avant d’entreprendre les travaux de plafonnage. Notamment pour que cette dernière soit suffisamment durcie que pour pouvoir y circuler sans crainte d’endommager superficiellement la surface. Cela aura un impact sur la durée des travaux à prévoir. Pour les chapes à base de ciment, la NIT 189 éditée par le CSTC stipule que le dépôt de matériaux et de matériel bien réparti et sans risque de poinçonnement est possible après un délai de 15 jours. Pour une activité et une mise en charge complète, il faut attendre 28 jours.
  • Il faudra prévoir la pose de plaques de répartition des charges pour protéger la chape et/ou l’isolant.

Deux autres facteurs de contrainte peuvent aussi être cités :

  • La barrière anticapillaire placée à la base de la maçonnerie

Lorsque le plafonnage se fait avant la chape, il y a lieu de bien déterminer le niveau de démarrage du plafonnage pour éviter que ce dernier ne se retrouve plus bas que le niveau de la membrane d’étanchéité placée dans la maçonnerie. En effet, il pourrait alors servir de pont capillaire pour l’humidité. 

  • La pose de membrane d’étanchéité à l’air

Actuellement, l’étanchéité à l’air est un point essentiel à prévoir dans la chronologie des travaux de construction. Cette étanchéité à l’air est en partie assurée par le plafonnage des maçonneries, mais toutes les membranes d’étanchéité à l’air aux raccords avec les baies, le sol, etc. devront impérativement être placées au préalable, et ce quel que soit le choix du phasage des travaux.

4. Alors, plafonnage avant ou après la chape ?

Comme on peut le comprendre à la lecture de cet article, il n’existe pas de chronologie unique de travaux. On peut envisager différents phasages et chacun offre ses avantages et ses inconvénients, qu’il convient d’évaluer au cas par cas, selon les contraintes du chantier (délais, techniques utilisées, disponibilités des intervenants,). Dans tous les cas, seule une parfaite coordination des différents corps de métier assurera un bon résultat.

Pour en savoir plus sur le plafonnage, retrouvez tous nos articles dans la partie "Conseils". 

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